Entrepreneur Créer son entreprise entre amis… et le rester, un vrai défi

Créer son entreprise entre amis… et le rester, un vrai défi





Ils étaient amis, ils sont aussi devenus les cofondateurs d’Enerfip, plateforme de financement participatif de la transition énergétique.

Tous issus du milieu des énergies renouvelables, les quatre coactionnaires se sont connus par rebonds successifs avant la création d’Enerfip à Montpellier en 2014. Et ils ne se sont retrouvés physiquement dans la même pièce tous ensemble que cinq années plus tard, l’un ou l’autre travaillant toujours à distance ! Cette création en mode virtuel de l’entreprise n’a pas empêché Enerfip de réaliser un chiffre d’affaires de 1,1 million d’euros en 2020 et d’afficher 107 millions d’euros investis depuis 2014.

L’amitié, source de confiance

Léo Lemordant, actuel président d’Enerfip, rencontre Sébastien Jamme, directeur financier de la start-up, alors qu’ils sont tous deux salariés de Velcan Energy à Paris. En 2012, Léo quitte son poste pour travailler à Sète où il croise Julien Hostache, aujourd’hui directeur général d’Enerfip, et alors cadre dans une société de courtage en actifs photovoltaïques.

De son côté, Julien compte Edouard Dischamp, le quatrième cofondateur d’Enerfip (sans fonction opérationnelle), comme client. Au fil du temps, des liens d’amitié se sont noués deux à deux pour former un réseau solide à quatre. Ils constituent pour leur start-up un socle fondateur fort basé sur la confiance.

Accord sur les fondamentaux d’Enerfip

« L’histoire a pu s’écrire car il y avait un alignement total sur les valeurs fondamentales de l’entreprise », détaille Sébastien Jamme. D’abord sur sa mission qui était d’ouvrir les investissements dans les énergies renouvelables à des particuliers. Puis sur son organisation. « Nous voulions rompre avec les pratiques du patron roi au profit d’une structure horizontale, avec très peu de niveaux hiérarchiques et une émancipation des collaborateurs au quotidien », lance-t-il.

Julien Hostache a écrit en 2015 une première « constitution » d’Enerfip, revisitée en 2017 et régulièrement depuis, qui explicite et sacralise ces valeurs. Autre conseil des amis pour maintenir l’entente : « Nous avons opté, sans même y réfléchir, pour un traitement égalitaire des quatre cofondateurs, avec 25 % du capital chacun et la même rémunération. »

Répartition des rôles et priorité au consensus

Les difficultés sont plutôt venues sur le plan organisationnel, quand l’un ou l’autre prenait des décisions en dehors de son champ d’activité. « Il y a eu des claquements de portes. Nous avons dû en 2020 écrire les prérogatives de chacun et confier clairement les responsabilités RH à Julien par exemple », souligne Léo Lemordant.

Tous les lundis, les trois cofondateurs opérationnels partagent immuablement un déjeuner pour déminer les sujets qui fâchent et faire le point. Cette première réunion informelle préparatoire est suivie d’une rencontre avec les 20 collaborateurs. Les sujets d’intérêt y sont alors abordés. « A son issue, soit un consensus général est atteint, soit la décision est soumise à un vote », explique Léo Lemordant.

Accords sur les valeurs, mise en place de principes d’égalité, structuration de l’organisation et fluidité des échanges… La recette pour rester amis ? En tout cas, 7 ans après la création de leur start-up, il n’est pas rare que Sébastien et Léo se retrouvent en famille pour un barbecue dominical à la plage près de Montpellier !

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